Pays le moins libre du monde : quel est-il ?

En 2024, seuls 20 % des habitants de la planète vivent dans des pays classés comme libres selon Freedom House. Certains États cumulent censure systématique, justice non indépendante et contrôle total de la vie publique, échappant à toute forme de pluralisme.

Un pays occupe depuis plusieurs années la dernière place des classements internationaux, dépassant largement les seuils de non-liberté établis par les instances de référence. Les critères retenus varient d’un indice à l’autre, mais convergent pour désigner le même territoire comme le plus restrictif au monde.

Panorama mondial : où en est la liberté aujourd’hui ?

Le dernier rapport annuel liberté de Freedom House dresse un état des lieux sans appel : à peine une personne sur cinq vit aujourd’hui sous un régime considéré comme libre. Cette réalité s’impose, implacable, bien loin de l’idée reçue d’une liberté partagée à l’échelle du globe.

    Pour donner la mesure du phénomène, quelques repères s’imposent :

  • Selon l’indice de démocratie publié par l’Economist Intelligence Unit, moins de 8 % des humains résident dans une démocratie complète.
  • La majorité de la population mondiale bascule entre régimes autoritaires, démocraties imparfaites et régimes hybrides. Ces disparités creusent l’écart entre continents et même au sein d’une même région.

À titre d’exemple, la France figure régulièrement parmi les pays libres aux côtés de l’Amérique du Nord et de l’Union européenne, où les droits civiques et la liberté politique restent protégés. À l’opposé, Moyen-Orient, Afrique subsaharienne et Asie centrale affichent les taux de liberté les plus faibles, conséquence d’une histoire, d’un environnement politique particulier et parfois de pressions internationales qui n’ont jamais réussi à fissurer l’édifice autoritaire.

Les critères de la Freedom House et de l’Economist Intelligence Unit convergent : pluralisme politique, élections, justice indépendante, respect des droits individuels. Toujours, les mêmes pays se retrouvent en queue de peloton. Au plus bas, le pays qui verrouille l’ensemble des voies d’expression collective, où la contestation n’existe tout simplement pas.

Quels critères pour désigner le pays le moins libre du monde ?

Pour mesurer le degré de liberté d’un État, deux grands outils s’imposent : le rapport annuel liberté de Freedom House et l’indice de démocratie de l’Economist Intelligence Unit. Leur analyse ne laisse rien au hasard : composition des institutions, exercice du pouvoir, droits fondamentaux, tout passe au crible.

Voici les éléments essentiels pris en compte pour établir ces classements :

  • Droits politiques et libertés civiles servent de socle à toute évaluation sérieuse. Liberté d’expression, pluralisme, participation aux élections, indépendance de la justice, accès à l’information et garanties contre l’arbitraire figurent au premier rang.
  • Freedom House attribue à chaque pays un score sur 100, basé sur une quarantaine d’indicateurs distincts.
  • L’indice de liberté humaine va plus loin, intégrant intégrité physique, liberté de mouvement, liberté religieuse et droit d’association.

Ce score final n’est jamais le fruit d’un simple calcul. La réalité politique, les pratiques concrètes, la manière dont le pouvoir s’exerce au quotidien pèsent autant que la constitution sur papier glacé. Un régime peut afficher des élections, mais si l’opposition ne peut exister ou si la presse ne sert que le pouvoir, la note s’effondre. À l’inverse, un pays où le débat et la diversité d’opinions sont protégés progresse, même en traversant des difficultés économiques.

Chaque année, la ONG américaine Freedom House affine encore son travail d’évaluation. Les changements politiques, les raids autoritaires, les avancées démocratiques timides : tout est scruté à la loupe, pour restituer un portrait le plus fidèle possible de la liberté à travers le monde.

Zoom sur le pays le moins libre : réalités, chiffres et contexte

Au bas du classement, la Corée du Nord s’impose, année après année, comme l’exemple extrême de l’absence de libertés civiles et de droits politiques. Sur 100, son score ne dépasse pas 3, chiffre glaçant qui résume la mainmise totale sur la population, estimée à 26 millions de personnes.

La vie en Corée du Nord, c’est la surveillance de chaque instant. L’État contrôle la presse, les communications, les déplacements, la parole. Aucune élection n’est libre, aucune manifestation n’est tolérée, aucun espace d’expression indépendante n’existe. Tous les leviers sont sous la coupe d’un parti unique, incarné par la dynastie Kim, qui façonne l’idéologie, verrouille l’accès à internet et réserve les rares privilèges à une élite triée sur le volet.

Un exemple : un simple mot de travers, un soupçon de dissidence, et la sanction tombe, implacable. Camps de travail, disparitions, torture : les rapports d’ONG documentent année après année la réalité du régime. L’école, l’armée, la sphère professionnelle, tout converge vers la glorification du pouvoir central.

D’autres pays sont pointés pour leur autoritarisme, Syrie, Arabie Saoudite, Iran, mais aucun ne pousse l’isolement et le contrôle à ce point. La Corée du Nord se distingue par l’absence totale de mécanisme de contestation ou de débat public, un verrouillage qui la place, sans conteste, tout en bas de l’échelle de la liberté selon les classements internationaux.

Jeune femme assise dans une pièce institutionnelle

Les limites des classements et la complexité de la notion de liberté

Le rapport annuel liberté monde signé Freedom House fait figure d’autorité. Pourtant, réduire la liberté à un chiffre, c’est forcément effleurer la surface. Aucun score ne traduit toute la complexité d’un pays, ni les mille nuances de l’expérience individuelle. Chaque classement repose sur des choix : quels droits politiques libertés retenir, quelle place accorder à la liberté d’expression, comment mesurer les droits des minorités ? Les réponses varient selon les contextes et les traditions nationales.

La pandémie de covid-19 est venue rappeler la fragilité de ces équilibres. Même les démocraties les mieux notées ont limité certaines libertés publiques : rassemblements restreints, surveillance renforcée, prérogatives sanitaires étendues. Les frontières entre la protection de la santé et la garantie des libertés individuelles se sont brouillées. Les analystes, dont l’organisation américaine Freedom House, ont dû revoir leur grille de lecture à l’aune de ce contexte mouvant.

    Quelques exemples illustrent la diversité des situations et la prudence nécessaire dans l’interprétation de ces classements :

  • Dans le Moyen-Orient ou en Afrique du Nord, les scores restent faibles. Mais chaque pays possède son histoire, ses traditions, son contexte social, rendant toute généralisation délicate.
  • Le modèle de démocratie occidentale, souvent présenté comme référence, doit aussi composer avec des tensions croissantes entre sécurité et libertés individuelles.

Impossible de gommer la part de subjectivité attachée à ce concept. La liberté n’est pas un bloc monolithique : elle s’invente, se pratique et s’interprète différemment selon les sociétés et les époques. Les classements en témoignent, aucun algorithme, aucun baromètre, ne parvient à saisir entièrement la réalité vécue par chaque citoyen.

Reste une certitude : là où la liberté recule, l’horizon se rétrécit. Et dans certains pays, l’air se fait rare, jusqu’à devenir irrespirable.

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